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ASVB :
Quel est le principe de l'homéopathie ?
Docteur Jacques Bouteille :
Schématiquement, l'homéopathie repose sur 3 principes :
- un principe fondamental, le principe de SIMILITUDE, sans lequel on ne saurait parler d'homéopathie
- deux principes complémentaires, inséparables du premier :
. le principe d'INFINITESIMALITE, c'est à dire l'efficacité de la dose infinitésimale
. le principe de TOTALITE, c'est à dire l'individu considéré dans son entier
" Similia similibus curantur " :
Les semblables sont guéris par les semblables. Une substance capable de déterminer des troubles chez un sujet sain est également capable de guérir ces mêmes troubles chez un malade qui les présente lorsqu'elle est administrée dans certaines conditions, et on arrive alors au 2ème principe, inséparable du premier : si elle est donnée à dose infinitésimale.
En d'autres termes, un remède qui provoque des troubles à dose allopathique, guérit ces mêmes troubles à dose infinitésimale. Il y a renversement d'action selon la dose utilisée. L'homéopathie est donc radicalement différente de la médecine classique.
En allopathie par exemple, en présence d'une douleur, on prescrit un médicament anti-douleurs.
En homéopathie, c'est l'inverse : on prescrira un remède provoquant la douleur, mais on le donnera à dose infinitésimale.
Enfin, le choix du remède et de la dilution dépendent, certes du trouble qui amène à consulter, mais aussi de ce qu'est le sujet dans son entier, c'est à dire dans sa morphologie, dans son allure générale, dans sa manière de réagir par des modalités variées.
Il faut envisager comme un tout indissociable, l'homme malade, avec son psychisme, ses particularités, son bagage héréditaire, la maladie en cause n'étant probablement que l'aspect saillant de l'iceberg. L'homéopathie traite ainsi le terrain en profondeur.
L'homéopathie peut-elle soigner toutes les maladies ? Que soigne en priorité l'homéopathie ?
Elle agit aussi bien sur les maladies aiguës que sur les maladies chroniques.
Il n'est évidemment pas possible de citer toutes les affections dans lesquelles elle excelle.
Toutes les pathologies sont concernées. Cela va par exemple des otites de l'enfant, otites aiguës bien sûr, mais aussi otites aiguës récidivantes qui deviennent d'une chronicité désespérante et qu'elle jugule merveilleusement, évitant ainsi les prises d'antibiotiques à répétition, aux troubles les plus divers, digestifs, psychiques, rhumatismaux, cutanés, nerveux, infectieux etc ..
Cependant, l'activité des remèdes homéopathiques a des limites très précises, puisqu'elle nécessite pour s'exercer, que l'organisme soit capable d'une certaine forme de réaction locale ou générale, qu'il soit capable, en réponse à une agression déterminée, de fournir l'effort nécessaire pour rétablir l'harmonie de ses fonctions et l'intégrité de ses tissus.
L'homéopathie doit céder la place :
- Quand la virulence ou l'intensité de l'agression (microbienne ou traumatique) risque de submerger le système de défense de l'organisme ou déborde manifestement les possibilités réactionnelles de l'individu.
- Lorsque les déséquilibres fonctionnels ou humoraux créent un état de choc immédiatement et rapidement grave : choc hémorragique, traumatique, insuffisances fonctionnelles graves (cardiaque, rénale, surrénale, thyroïdienne, hépatique), comas toxiques, coma diabétique etc...
Tous états aigus de souffrance nerveuse ou de défaillance organique mettant en péril l'existence du malade incapable de réagir efficacement.
- Lorsque les possibilités de cicatrisation ou de guérison naturelle complète de l'organisme sont épuisées : stade de sclérose irréversible, ou stade de formation tumorale.
On pourrait dire que tant que l'organisme est capable de se défendre, l'homéopathie est parfaitement à son aise et qu'elle agit avec finesse et justesse .
En revanche, si les défenses de l'organisme sont dépassées, ou risquent de l'être rapidement, il faut avoir recours à l'arsenal puissant de la médecine classique : ce qui n'empêchera nullement de savoir revenir, après guérison de l'épisode grave, à l'homéopathie qui permettra de mieux rééquilibrer le terrain. Car en réalité ce ne sont pas les méthodes thérapeutiques qui s'opposent : les médecines contraires sont complémentaires et l'on pourrait même dire qu'il n'y a qu'une seule médecine sérieuse, celle qui cherche à guérir.
Pourquoi appelle-t-on l'homéopathie, " médecine douce " ?
L'homéopathie est classée parmi les médecines douces, avant tout parce qu'elle n'est pas agressive du tout, comme peut l'être l'allopathie par exemple. Elle ne provoque pas de réactions secondaires, allergies, ou réactions intenses de l'organisme.
Tout le monde, petits et grands, peut-il être soigné à base d'homéopathie ? et les nouveaux nés aussi ?
Absolument tout le monde peut être soigné par homéopathie, nouveaux nés compris.
Les médicaments homéopathiques provoquent-ils des effets secondaires ?
L'homéopathie est une médecine non agressive, dont les effets secondaires sont limités.
Ils ne sont pas totalement inexistants, mais sont alors liés à la prise de certaines substances, voire de hautes dilutions, traitements qui sont réservés aux médecins homéopathes. Grâce aux atténuations des remèdes qu'il prescrit, même s'il s'agit de substances très toxiques, l'homéopathe n'a jamais à redouter les secousses organiques que l'on observe lorsque certains médicaments sont absorbés à forte dose.
Un traitement homéopathique peut-il être complété par un traitement à base de médicaments classiques et " traditionnels " ?
Absolument. Certaines affections organiques nécessitent le recours à l'allopathie. Mais les deux médecines peuvent être associées, et l'effet thérapeutique du traitement homéopathique associé est loin d'être négligeable. Il permet alors à la maladie d'être mieux supportée, de renforcer les défenses de l'organisme vis-à-vis de celle-ci , et par un traitement de fond bien approprié de raccourcir la durée d'évolution. Dans tous les cas l'apport homéopathique ne peut être que bénéfique .
Lorsqu'on est soigné par homéopathie, faut-il faire preuve de patience avant de voir les premiers bienfaits du traitement ?
Il faut distinguer les états aigus des états chroniques.
Dans les états aigus, si on a une angine ou une otite par exemple, il est bien évident qu'il faut agir vite, et l'homéopathie peut agir vite.
Dans les états chroniques, l'homéopathie agit largement aussi vite que l'allopathie. Il est bien évident que si la maladie est ancrée depuis longtemps, il faut laisser le temps au traitement de fond pour agir et produire son effet.
Pourquoi l'homéopathie est-elle aujourd'hui l'objet de controverses ?
Ces controverses ne datent pas d'aujourd'hui.
Les pourfendeurs de l'homéopathie argumentent que les dilutions par définition diluent et qu'il ne reste plus aucun principe actif dans les granules, sauf le support en sucre, et que par là même l'action, si tant est qu'il y en ait une, est une action " placebo ".
Le nombre de molécules contenues dans la molécule-gramme d'une substance est connue sous le nombre d'Avogadro et correspond à 6,022 x 10 puissance 23.
Au delà de cette concentration, la matière est indivisible. La limite matérielle des dilutions homéopathiques serait donc la 22ème décimale, c'est à dire la 11ème centésimale.
Et cependant les très hautes dilutions agissent d'une manière encore plus profonde et plus prolongée que les dilutions moyennes.
A chaque dilution se crée un arrangement moléculaire particulier entre les deux composants, à chaque fois on crée une entité physico-chimique nouvelle, un nouvel état physique, lequel varie au fur et à mesure des dilutions. Tout se passe comme si le solvant " gardait en mémoire " pour chaque dilution la structure physique de la dilution précédente. Cet état peut donc se perpétuer même lorsqu'il n'y a plus de molécules de la substance de base dans le solvant.
Reconnaître le caractère empirique d'une thérapeutique ne suffit pas pour la discréditer.
On n'a pas le droit d'ignorer ou de refuser une méthode thérapeutique qui a fait la preuve de son efficacité depuis plus de 150 ans ; qui guérit journellement des milliers de malades dans le monde entier ; et qui est capable de guérir (sans l'aide des médicaments classiques) la plupart des maladies d'observation courante.
Pourquoi les traitements homéopathiques sont-ils si contraignants au niveau des prises horaires ? Y a-t-il une réelle incidence sur le corps ?
Les traitements homéopathiques ne sont pas très contraignants en ce qui concerne les prises. Celles-ci dépendent des dilutions.
Schématiquement plus la dilution est élevée, moins la fréquence est grande. En ce qui concerne les maladies aiguës, on aura plutôt recours aux basses dilutions et la fréquence des prises pourra aller de deux à trois fois par jour. L'idéal serait d'attendre la fin de l'action d'une dose pour prescrire la suivante, ce qui est loin d'être réalisable.
Mais il faut absolument éviter d'occuper le malade six fois par jour à prendre des remèdes. Un traitement bien conduit le permet.
Il y a intérêt à éloigner au moins un peu la prise des remèdes, d'un repas, surtout pour les doses, afin de réduire le risque d'antidotisme alimentaire.
Certaines substances, susceptibles de gêner l'action des remèdes, sont à proscrire pendant toute la durée du traitement : menthe, camomille, camphre, anis, quinine, et les prises importantes de café et de thé sont à éviter.
Tout ceci n'est finalement que peu contraignant par rapport au bénéfice que l'on peut retirer d'un traitement homéopathique.
ACTION DE l'HOMÉOPATHIE EN PATHOLOGIE HEPATO-BILIAIRE
En quoi l'homéopathie peut-elle s'avérer nécessaire en ce qui concerne les pathologies hépatiques ?
L'homéopathie peut avoir un effet salutaire en pathologie hépatobiliaire. Son action sur le tractus digestif n'est plus à démontrer.
Elle peut avoir une action indiscutable sur la production de bile.
En cas de colique hépatique (laquelle n'est pas obligatoirement due à une migration de calcul, mais peut également être provoquée par des spasmes vésiculaires) elle peut améliorer considérablement l'état du sujet.
Elle a aussi et surtout un intérêt dans un traitement de fond qui, bien conduit, peut éviter ou espacer les récidives.
Bien entendu dans ces pathologies, où quelquefois le traitement peut être délicat à instituer, il faut absolument avoir recours à l'homéopathe.
Un drainage mal conduit pourrait, au moment des douleurs, favoriser la migration de calculs ce qui pourrait conduire au désastre.
En ce qui concerne les patients traités par un drainage biliaire externe, un traitement de fond aura un effet bénéfique certain.
Dossier n°3 : L'homéopathie
Entretien avec le Docteur Jacques Bouteille
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